Pédicure-podologue, Toulouse

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Le K-taping, gadget ou réelle utilité ?

Posted by on 10, Juin 2015

Le K-taping, gadget ou réelle utilité ?

Principe

L’utilisation de ces bandes est le seul point commun avec une technique connue depuis fort longtemps : le strapping. Ce dernier est une technique de contention élastique simple, ne visant donc qu’à protéger une zone articulaire en limitant notamment certaines amplitudes fonctionnelles.

Le K-Taping, lui, est une méthode globaliste qui associe cette intention de simple maintien à une action circulatoire et surtout lymphatique qui lui confère un intérêt important dans la thérapeutique active et non plus seulement dans la simple contention passive.

Il faut tout de même rappeler qu’il n’y a aucune substance active dans ces bandes élastiques adhésives mises au point dans les années 80. Tout passe par la peau, qui, soumise à une certaine tension, va stimuler des récepteurs cutanés. Ces derniers vont alors envoyer des message au cerveau, qui, en retour va s’adapter de plusieurs manières:

– en luttant contre l’OEDEME : en effet les tissus superficiels immobilisés sur les plans profonds vont être activés par les bandes à chaque mouvement/contraction musculaire. C’est presque comme un « drainage lymphatique » permanent.

– en activant également les capteurs sensitifs profonds (mécanisme de PROPRIOCEPTION) ce qui engendre une augmentation du tonus de vigilance au niveau de l’articulation lésée.

-en luttant contre la DOULEUR : toujours en raison du même principe, les bandes collées agissent comme le font spontanément nos mains en massant superficiellement une zone douloureuse (saturation des informations des récepteurs sensitifs à la douleur).

 

Efficacité

Pour confirmer la réelle efficacité de cette méthode, qui pourrait passer pour être encore une technique-gadget supplémentaire, il faut souligner qu’elle est utilisée avec un succès notoire en complément thérapeutique classique dans les œdèmes après chirurgie du cancer du sein, dans les douleurs liées aux dysménorrhées (troubles des règles), et même de certains cas d’incontinence urinaire… Des études scientifiques sont en cours dans d’autres domaines d’application.

ktape4

Il faut tout de même rappeler que le K-taping ne guérit pas. Il est fait pour soulager la douleur en complément ou prolongation des soins dispensés en cas de blessure. Contrairement au strapping qui limite l’amplitude du mouvement de la zone douloureuse, le K-taping va accompagner le mouvement. C’est la façon dont les bandes sont appliquées qui va conditionner leur fonction (drainage, soutien articulaire, récupération musculaire…) Leur effet sur les microlésions est souvent spectaculaire et permet parfois de se passer d’anti-inflammatoires.

 

Pour qui ?

Hormis une allergie aux composants de la colle et la présence de plaies cutanées, il n’y a aucune contre-indication au K-taping. Toutefois, c’est une démarche particulière à laquelle il vaut mieux croire pour en tirer tous les bénéfices. Même si la sensation qu’offrent les bandes d’être bien soutenu sur des zones fragiles est réelle, il ne faut pas négliger la dimension psychologique de la méthode. Un peu comme l’homéopathie en fin de comptes !

 

Mais attention…

Les bandes ont beau être commercialisées, leur pose ne s’improvise pas et nécessite de bonnes connaissances anatomiques. Si l’on ne sait pas découper la bande, la placer aux bons endroits et dans le bon sens, lui donner la bonne tension… cela ne servira à rien et peut même s’avérer néfaste pour la guérison ! Seuls des professionnels de santé formés à la technique peuvent déclencher l’efficacité.

 

Conclusion !

Le K-taping ne produit pas d’effet magique, il favorise simplement des mécanismes physiologiques existants. La méthode n’est efficace que si elle est parfaitement maîtrisée par une personne formée. Pour le reste, je conclurais sur « qui ne tente rien n’a rien », alors, rien de mieux que de vous faire votre propre avis sur la question !